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Les Tic pour les nuls

Elisabeth Buffard
samedi 2 octobre 2010

Le manque de formation pour justifier le non emploi des outils informatiques.

On met souvent en avant le manque de formation, le jargon hermétique, pour justifier de la non utilisation des outils informatiques, matériels et logiciels dans les pratiques pédagogiques.

Nombre de formations commencent par une longue introduction théorique en remontant presque au boulier, l’historique intégral de l’évolution darwinienne des ordinateurs et des usages, et la théorie théoricienne des langages de programmation… Très vite, ce sont des tonnes de références, de notes, de livres, prises de notes, leçons, ateliers, pour celui qui veut apprendre non pas pour l’amour de l’art mais pour réussir à faire et à innover, c’est l’Everest à gravir.
Force est de constater que le plus souvent on passe à côté du « hands-on learning », la capacité d’apprendre seul par l’expérimentation, qui ne vient qu’après comme une application de la théorie dispensée. Apprendre par l’expérience, apprendre par l’exemple, partager l’expérience, est pourtant un fonctionnement naturel chez l’enfant, qu’on a tendance à oublier et qu’il faut réactiver.

L’expérimentation “hole-in-the-wall” de Sugata Mitra, Ph D technologie de l’éducation à l’Université de Newcastle, est l’illustration de ce propos
Les solutions s’articulent en 3 pôles : Materiels – Logiciels – Personnes
Le choix de matériel imposé sur le lieu de travail sert trop souvent de référence, alors qu’il y a de plus en plus une évolution vers le nomadisme, la miniaturisation et la polyvalence des matériels alors que la vitesse de cette évolution est exponentielle.

Il faut laisser la technique aux techniciens, le conseil aux conseillers, les références aux référents… et ouvrir les yeux sur l’évolution des matériels dans les magazines, les halls de gare, la rue, sans penser que plus c’est cher, plus c’est compliqué, mieux c’est.

Dans l’établissement, il faut utiliser l’existant et étudier les futures acquisitions… avec bon sens et pragmatisme, en partant de l’usage souhaité pour définir le matériel adéquat.

Il est bon de profiter des expériences des geeks qui ont recours au système D, ils utilisent leur matériel personnel ou adaptent le matériel fourni pour optimiser leur enseignement et au final choisir les solutions de facilité. Pour Dr. Koichi Kawana, architecte de jardins botaniques, " La simplicité signifie l’obtention d’un maximum d’effets avec le minimum de moyens."

Sur les machines de l’établissement, les logiciels installés sont le fruit – en principe – d’un consensus. Ils ne conviennent pas forcément ni aux besoins d’usage, ni à l’ergonomie souhaitée, ni au confort de l’utilisateur. Ils vont à l’encontre de la tendance à la personnalisation, à l’individualisation et au PC au sens premier du terme, ‘Personal Computer’, c’est-à-dire ordinateur personnel.

Pour identifier les logiciels qui vont correspondre à ses propres besoins et qui soient adaptés à ses propres compétences, bénéficier de conseils personnalisés, il faut se tourner vers les personnes qui savent se placer dans la peau de l’autre, plutôt que de s’adresser à ceux dont les préconisations de choix sont destinées à imposer leur modèle personnel de façon proche du prosélytisme. Les personnes ressources sont les interlocuteurs académiques, les coordinateurs Tice dans l’établissement, les formateurs IUFM. Le plus souvent, les profs geeks ont des sites web où ils partagent leurs connaissances et leurs pratiques.

Les logiciels user-friendly seront à privilégier : le terme anglais ‘user-friendly’ est bien plus parlant que le terme français ‘convivial’ : il ne s’agit pas de vivre avec , en bonne intelligence grâce à de nombreux des compromis, mais à être votre ami, l’ami qui vous veut du bien. Ce logiciels ont une interface claire et des fonctions simples mais puissantes.
Beaucoup de logiciels ont par ailleurs des versions portables, c’est-à-dire qui ne nécessitent pas d’installation, et fonctionnent donc depuis un dossier, une clé USB, sans besoin de rendez-vous, réunion, et autre passage par une planification anticipée collective de choix et d’installation.
Depuis quelques temps, le numérique s’évapore. Il se retrouve dans les nuages, et c’est donc avec internet et en ligne que l’évolution s’est dirigée. Darwin encore, le terme web 2.0 est né d’une plaisanterie de spécialiste, ce n’est pas un dispositif nouveau, c’est un nouvel aspect de ce qu’on trouve lorsqu’on se connecte au web (pour rappel, le web n’est qu’une partie de l’internet, celle que nous utilisons le plus).
On va trouver dans cet univers web 2.0 qui ressemble à un réseau neuronal décentralisé trois éléments principaux :
• Des outils de production : des suites bureautiques, des éditeurs d’images, de vidéo, de son, etc, tout ce qu’on peut faire avec des logiciels installés, et même plus. (comme par exemple la collaboration en direct sur un même document)
• Des médias partagés créés par les utilisateurs, images, vidéos, sons, tous types de documents….
• Des filtres, qui permettent la mutualisation de ce qui retient l’attention collectivement, dans tous ces médias partagés.
Les outils en ligne sont de plus en plus simples, destinés à tous, et reposent sur le partage, l’échange et donc se créent naturellement des réseaux sociaux. On peut ainsi non seulement travailler directement en ligne mais aussi collaborer sur les mêmes fichiers ou documents, les partager et les recomposer. Autre avantage de ces applications « dans les nuages », plus de problème d’obsolescence et de coût de licences.
Suivre l’actualité des sites, pour se tenir informer, est une autre possibilité pour soi-même mais aussi pour proposer aux élèves une sélection d’information, de podcasts.

C’est donc dans ces nuages que l’on trouve les applications qui permettent partage et veille ; signets, documents, images, vidéos s’organisent autour de réseaux sociaux et blogs. Pour trouver ce qui est pertinent, les moteurs de recherches ont des fonctions avancées, certains de ces moteurs deviennent spécialisés et la dernière génération devient sémantique, tout comme l’évolution du web, et un exemple en est WolframAlpha.

On trouve également des générateurs qui automatisent la création, et la puissance des fonctions de certains services de courriel tel Gmail leur confère des possibilités de stockage et de partage puissantes.
Au final, on peut prendre pour exemple l’action d’enregistrer un fichier audio pour le mettre à disposition des élèves : la façon complexe incluse un matériel complet (ordinateur, casque micro, connexion internet, dispositif de téléchargement sur un site web ou un blog. La façon la plus simple, sera de créer en ligne un compte chez un service tel qu’Audioboo, et avec un smartphone, enregistrer en deux clics le fichier, le troisième et dernier clic servant à l’envoyer sur ce compte en ligne, ce qui constituera une sorte de blog audio, comportant une balise pour l’abonnement podcast. Ou on peut encore grâce à l’aide d’un webmestre disposer sur un site de l’application java Nanogong, qui en deux clics permet d’enregistrer le fichier, le troisième clic permettant son téléchargement, pour partage ultérieur.

Cette évolution vers des solutions ergonomiques, claires avec des interfaces limpides peut être mise en parallèle avec l’évolution d’autres technologies qui l’ont précédée, comme l’automobile, le téléphone et bien d’autres, ce qui laisse présager que l’utilisateur technophobe verra de moins en moins la structure de la technologie dont il se sert pour se concentrer sur l’usage qu’il en fait. Cette approche est possible dès aujourd’hui, et c’est celle qu’il convient d‘adopter.

Pour retrouver la présentation de cette intervention, rendez-vous sur http://hazmat.free.fr/dummies.html


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